Droit des affaires · Juridictions économiques

Le tribunal qui jugera
votre entreprise a changé en 2025.

À Paris, Nanterre et Versailles, les procédures amiables et collectives relèvent depuis le 1er janvier 2025 du tribunal des activités économiques : y compris pour des structures qui n’avaient jamais eu affaire au tribunal de commerce.

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La réforme

Douze tribunaux, quatre ans, une compétence élargie

L’article 26 de la loi du 20 novembre 2023 a ouvert une expérimentation : du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2028, douze tribunaux de commerce sont renommés tribunaux des activités économiques. Trois d’entre eux sont en Île-de-France : Paris, Nanterre et Versailles.

Le changement n’est pas cosmétique. Jusqu’alors, les procédures amiables et collectives étaient partagées entre deux juridictions : le tribunal de commerce pour les commerçants et les artisans, le tribunal judiciaire pour tous les autres. Dans les douze ressorts concernés, le tribunal des activités économiques devient seul compétent, quel que soit le statut ou l’activité du professionnel en difficulté.

La réforme ne modifie pas le droit applicable : une sauvegarde reste une sauvegarde, les délais et les conditions sont inchangés. Ce qui change, c’est la porte à laquelle frapper, et se tromper de juridiction fait perdre des semaines à une entreprise qui n’en a pas.

Quel tribunal pour votre siège social

En Île-de-France, seuls trois tribunaux ont la compétence élargie. Ailleurs, le partage entre tribunal de commerce et tribunal judiciaire reste en vigueur.

Ressort
Juridiction
Compétence pour les procédures amiables et collectives
Ressort du tribunal judiciaire de Paris
TAE de Paris
Tous les professionnels, quel que soit leur statut : commerçants, artisans, SCI, associations, professions libérales, exploitants agricoles.
Ressort du tribunal judiciaire de Nanterre
TAE de Nanterre
Tous les professionnels, quel que soit leur statut, dans les mêmes conditions qu’à Paris.
Ressort du tribunal judiciaire de Versailles
TAE de Versailles
Tous les professionnels, quel que soit leur statut, dans les mêmes conditions qu’à Paris.
Hors expérimentation
Tribunal de commerce de Bobigny
Commerçants et artisans seulement. Les SCI, associations et professions libérales relèvent du tribunal judiciaire.
Hors expérimentation
Tribunal de commerce de Créteil
Commerçants et artisans seulement. Les autres structures relèvent du tribunal judiciaire.
Hors expérimentation
Tribunal de commerce d’Évry
Commerçants et artisans seulement. Les autres structures relèvent du tribunal judiciaire.

Les ressorts sont ceux fixés par l’arrêté du 5 juillet 2024 : chaque tribunal des activités économiques a pour ressort celui du tribunal judiciaire de même siège. L’appel relève de la cour d’appel de Paris pour le tribunal de Paris, de la cour d’appel de Versailles pour ceux de Nanterre et de Versailles. Le cabinet intervient devant ces six juridictions et devant la cour d’appel de Paris.

Ce que cela change, concrètement

Les structures civiles
Une SCI, une association ou un professionnel libéral en difficulté à Paris, Nanterre ou Versailles saisit désormais le tribunal des activités économiques, et non plus le tribunal judiciaire.
Les professions du droit
Les professions réglementées du droit font exception : leurs procédures restent devant le tribunal judiciaire.
Le contentieux ordinaire
Impayés, litiges entre associés, ruptures de contrat : rien ne change. Le tribunal de commerce reste compétent entre commerçants, sous réserve des clauses du contrat.
La marche à suivre

Ce qu’il faut faire, dans l’ordre

Identifier la juridiction est la première étape, pas la plus décisive. Ce qui compte est la date à laquelle vous agissez.

01
Dater la difficulté
Le passif exigible dépasse-t-il l’actif disponible ? Si oui, depuis quand ? Cette date commande tout le reste, y compris votre responsabilité personnelle.
02
Choisir la voie
Avant la cessation des paiements : mandat ad hoc ou conciliation, confidentiels. Après : la déclaration doit intervenir sous 45 jours.
03
Identifier le tribunal
Selon le siège social et le statut de la structure, le tableau ci-dessus donne la réponse pour l’Île-de-France.
04
Préparer le dossier
Comptes, trésorerie, état des sûretés et des cautions. Un dossier complet dès la première audience évite de subir le calendrier de la procédure.
À prévoir

La contribution pour la justice économique

La même réforme a créé une contribution financière, due par le demandeur devant les douze tribunaux des activités économiques, sous deux conditions cumulatives : des prétentions supérieures à 50 000 euros et un demandeur employant au moins 250 salariés. Son paiement conditionne la recevabilité de la demande.

Deux précisions rassurantes pour la plupart des entreprises : les structures de moins de 250 salariés en sont exonérées, et les demandes d’ouverture d’une procédure amiable ou collective sont exclues du dispositif. Elle est liquidée selon les règles des frais et dépens de la procédure civile.

Questions fréquentes

Mon entreprise relève-t-elle du tribunal des activités économiques ou du tribunal de commerce ?
Cela dépend du siège de l'entreprise et de la nature de la procédure. En Île-de-France, seuls Paris, Nanterre et Versailles sont des tribunaux des activités économiques : à Bobigny, Créteil ou Évry, le tribunal de commerce reste compétent pour les commerçants et artisans, et le tribunal judiciaire pour les autres. Et l'expérimentation ne concerne que les procédures amiables et collectives, pas le contentieux commercial ordinaire.
Qu'est-ce qui change pour une SCI, une association ou un professionnel libéral ?
Dans les ressorts de Paris, Nanterre et Versailles, ces structures relevaient du tribunal judiciaire pour une sauvegarde, un redressement ou une liquidation. Depuis le 1er janvier 2025, elles relèvent du tribunal des activités économiques, quel que soit leur statut ou leur activité. Seules les professions réglementées du droit restent devant le tribunal judiciaire.
Le contentieux commercial ordinaire est-il concerné ?
Non. L'expérimentation ne porte que sur les procédures amiables et collectives. Pour un impayé, un litige entre associés ou une rupture de contrat, le tribunal de commerce reste en principe compétent entre commerçants, sous réserve d'une clause du contrat désignant une autre juridiction.
Devrai-je payer la contribution pour la justice économique ?
Elle n'est due que devant les douze tribunaux des activités économiques, et sous deux conditions cumulatives : des prétentions supérieures à 50 000 euros et un demandeur employant au moins 250 salariés. Les entreprises de moins de 250 salariés en sont exonérées, et les demandes d'ouverture d'une procédure amiable ou collective sont exclues du dispositif.
L'expérimentation peut-elle s'arrêter ?
Elle court du 1er janvier 2025 au 31 décembre 2028, puis fera l'objet d'une évaluation avant toute généralisation ou abandon. Les procédures ouvertes avant le 1er janvier 2025 devant un tribunal judiciaire n'ont pas été transférées.
Aller plus loin

Vous ne savez pas quel tribunal saisir ?

La réponse dépend de votre siège social, de votre statut et de la procédure envisagée. Un premier entretien suffit à la donner.

Prendre rendez-vous 06 61 76 36 12

Cette page a une vocation informative et ne constitue pas une consultation juridique. Les règles applicables dépendent de votre situation précise.